« Nous voulons grandir et réussir au Mirail »
C’est sous cet appel qu’un collectif de parents d’élèves, d’habitants et d’enseignants du Mirail a organisé une réunion publique au Centre d’animation Reynerie le 4 février dernier. Depuis plusieurs mois, ce collectif, auquel participent des militants de Sud Education du collège de la Reynerie, se réunit régulièrement à la Maison de quartier de Bagatelle pour échanger et débattre sur le thème de l’Ecole. Et les questions sont nombreuses !
Quelle école voulons-nous pour nos enfants ? Pourquoi est-il important de garder une même école pour tous et partout, y compris dans les quartiers populaires ? Peut-on parler d’égalité des chances dans la société actuelle ? Que penser de la discrimination positive qui consiste à vider les écoles des quartiers de leurs meilleurs élèves ? Quel message envoie-t-on à ceux qui ne sont pas « sélectionnés » ? Va-ton vers une école à deux vitesses, avec des établissements de plus en plus spécialisés, pour l’élite d’un côté et pour les élèves « en difficulté » de l’autre ? Que met-on derrière le mot « réussite » ? Comment rapprocher les parents et les enseignants pour en discuter et trouver des réponses collectives ?... Ce sont toutes ces questions et bien d’autres qui ont été posées au cours de cette réunion. Une cinquantaine de personnes étaient présentes, essentiellement des parents d’élèves, des habitants du quartier, des membres d’associations et des enseignants des collèges et écoles du Mirail, parmi lesquels des militants de Sud Education. Des représentants du Conseil Général et de la Mairie avaient aussi fait le déplacement, ainsi que le Principal du collège de la Reynerie. Une équipe de TV Bruits (télévision libre et indépendante) a filmé le débat ; la vidéo sera mise en ligne prochainement sur leur site. Les échanges ont été animés et les 2 heures prévues n’ont pas suffi pour aller au bout de ces réflexions très denses. Pour un premier bilan, qui reste à approfondir, on retiendra un réel attachement aux écoles du quartier, qui font partie intégrante de sa vie quotidienne. Ceci n’empêche pas une inquiétude légitime de beaucoup de parents face à l’avenir de leurs enfants. Tout le monde s’accorde aussi à reconnaître que l’école ne peut pas porter seule la responsabilité d’une situation économique et sociale difficile, qui génère de l’exclusion. Dans ce contexte, elle reste un espoir d’émancipation pour beaucoup de familles qui gardent une grande confiance dans le travail des enseignants. Ces enseignants qu’un participant a salués comme étant les seuls « immigrés » du quartier qui viennent chaque jour y travailler et qui a appelé les habitants à les aider à « s’intégrer » ! Une belle image pour inciter à poursuivre cette initiative collective. Pour maintenir le lien et approfondir la réflexion sur ces questions passionnantes, un rendez-vous, ouvert à tous, est proposé tous les 1ers jeudis du mois à 18h à la Maison de Quartier de Bagatelle. La perspective d’organiser des « Etats-Généraux de l’Education » a été évoquée. Sud Education y a toute sa place, au travers de ses militants investis dans ce collectif. !
Pour en savoir plus, c’est ici !
A voir aussi, sur le même thème, la lutte des personnels du collège Henri Barbusse de Vaux en Velin (69)