L’institution ne considère les compétences que sous l’angle de l’évaluation alors qu’elles sont pour nous à prendre sous l’angle de la pédagogie, en ne relayant pas les savoirs au rang d’outils mais en les réaffirmant comme une des composantes essentielles de l’école.
L’éducation doit s’impliquer davantage dans la formation du futur citoyen. Mais l’école ne peut évaluer des compétences qui n’auraient pas été travaillées tout au long de l’année. Les évaluer sans un travail préalable donnerait un poids inacceptable à l’origine sociale des élèves : ce n’est pas ça l’école de l’égalité !
Devenu subrepticement une application numérique depuis janvier 2010, le LPC n’est donc pas un outil pédagogique. Les données personnelles qu’il contient — et qui relèvent purement et simplement du fichage — sont exportables sur n’importe quel fichier de n’importe quel service : la mobilisation des parents et des enseignants avait permis que les compétences soient retirées des données enregistrées sur Base Élèves, elles reviennent par la fenêtre, grâce au LPC !
L’instauration du LPC, mettant en œuvre le programme éducatif de l’OCDE, répond en réalité aux seules exigences du patronat : ce qui est en ligne de mire, c’est la suppression des grilles de qualification des conventions collectives.
Considérant que ce livret n’est pas un outil de communication efficace et clair en direction des familles,
Considérant que ce livret entraînerait une surcharge de travail non comptabilisée qui se ferait au détriment du temps consacré aux préparations de la classe et à la réflexion pédagogique,
Considérant que ce livret est porteur d’une conception restrictive de l’évaluation et induit des pratiques pédagogiques rétrogrades,
Considérant que ce livret n’est un outil de travail ni pour les enseignants du primaire ni pour les enseignants du secondaire, mais bien un fichage,
Considérant qu’il constitue aussi une menace pour notre statut dans le cadre de la mise en œuvre de l’évaluation ministérielle informatisée des enseignants
Signataires : Sud Education 31, CGT Educ 31, CNT 31
Evaluations nationales CE1/CM2 2012 DES RAISONS DE RESISTER
Le dernier rapport du Haut Conseil de l’Éducation recommande de renoncer aux indicateurs actuels de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finance) sur la maîtrise des « compétences de base » : des conclusions sans appel ! Ainsi, ces évaluations nationales, en français et en mathématiques, fournissent des indicateurs : « ... partiels, peu exigeants, et donc trompeurs » et non « fiables pour des raisons de méthode » ; « ...donnent ...une image erronée du degré de maîtrise effective du socle commun par les élèves. » … « De plus la diversité des pratiques des enseignants face à cette évaluation nationale fausse aussi le résultat. ». Au final : « Les indicateurs annuels fournis au parlement ne sont pas satisfaisants. »
À la suite de ce rapport, toutes les organisations syndicales de l’Éducation ont demandé au Ministre de l’Éducation Nationale l’abandon ou la suspension des évaluations nationales.
Malgré ce constat accablant le Ministère persiste dans le déni et maintient ces évaluations pour l’année 2012. Et ce n’est pas le report des évaluations CM2 de janvier à mai (prétexte trouvé pour calmer le jeu), également unanimement dénoncé, qui change la donne.
La passation dans les classes des évaluations nationales CE1 et CM2 est programmée entre le 21 et le 25 mai 2012. Si les modalités de passation sont tout à fait contestables, les finalités de ces évaluations le sont tout autant.
Ces évaluations : ne servent pas au diagnostic des difficultés des élèves, ne constituent pas un outil professionnel au service de la réduction des difficultés scolaires mais servent à légitimer les dispositifs d’aide individualisée (stages de remise à niveau, AP) , largement contestés dans la profession, contribuent à la standardisation pédagogique de nos pratiques de classe.
Ce pilotage par l’évaluation permet une concurrence entre les écoles et les enseignants et à terme, avec la disparition de la carte scolaire, la transformation de l’école en un vaste marché.
Il est clair que ces évaluations n’ont jamais eu aucun sens. Elles sont totalement discréditées. C’est pourquoi nous appelons les conseils des maîtres à se saisir de ces éléments nouveaux pour rouvrir dès maintenant le débat sur les modalités de résistance à mettre en place vis-à-vis des évaluations 2012. Faire reculer le Ministère c’est possible. Après avoir tenté d’imposer des évaluations en Grande Section, devant la levée de boucliers, il a dû renoncer à les rendre obligatoires.
Nous demandons :
►L’abandon immédiat de ces évaluations. ►La levée des sanctions qui ont lourdement frappé les collègues qui ont refusé ces évaluations et dont le seul tort est d’avoir eu raison trop tôt.
Nous appelons les équipes enseignantes à s’organiser collectivement pour refuser et mettre en échec les évaluations CE1 et CM2, par la non-remontée des résultats, par le boycott ou par la grève. Un préavis de grève couvrant l’académie de Toulouse est déposé pour la semaine du 21 au 25 mai 2012.
Signataires : Sud Education 31, CGT EDUC 31 ; CNT 31
Journal Fédéral Hors-série Spécial Premier Degré